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Droit funéraire

En France, les cimetières se mettent au vert : vers une dernière demeure en forêt ?

Publié le 14 septembre 2025

Entre saturation des espaces funéraires, enjeux environnementaux croissants et mutation des pratiques liées à la fin de vie, la France voit émerger une manière différente d’envisager les pratiques funéraires : les forêts cinéraires et cimetières naturels. Une pratique encore minoritaire mais en fort développement.

Forêt sanctuaire cinéraire en France
La forêt cinéraire est un lieu de recueillement « nature », très différent du cimetière

Dans certains territoires français, il est désormais possible de reposer autrement qu’entre des tombes classiques en granit. Les forêts cinéraires proposent une alternative : les cendres des défunts sont inhumées dans une urne biodégradable, directement au pied d’un arbre, au cœur d’un espace boisé.

Ces lieux, encadrés par les collectivités, n’ont rien de cimetières traditionnels. Pas de monuments imposants, pas de marbre : seulement des arbres, des chemins forestiers et un cadre naturel préservé.

L’objectif est double : répondre à la saturation progressive des cimetières urbains et accompagner une demande croissante pour des obsèques plus écologiques et symboliques.

En France, le modèle reste encore en phase de développement, mais plusieurs sites pionniers ont déjà ouvert ou été aménagés. Le plus connu est la forêt cinéraire d’Arbas (Haute-Garonne), considérée comme la première du pays. Située en altitude, elle propose des emplacements au pied des arbres, dans une forêt protégée et sans exploitation forestière classique. D’autres formes de cimetières naturels existent également, comme le cimetière naturel de Souché à Niort, où les sépultures sont intégrées dans un environnement fortement planté et paysager, avec très peu d’artificialisation et une forte place laissée à la biodiversité. Ces espaces s’inspirent de modèles déjà largement implantés en Allemagne ou aux Pays-Bas, où les “forêts du souvenir” sont devenues répandues.

Contrairement à certaines idées reçues, ces pratiques restent très encadrées :

  • • Les sites doivent être gérés par une commune ou une structure autorisée
  • • Les urnes doivent être biodégradables
  • • Les emplacements sont définis et protégés juridiquement 
  • • L’entretien individuel des tombes est généralement interdit pour préserver le caractère naturel 

Le tout reste donc une forme de cimetière officiel, mais repensé autour de la nature.

Cette transformation des lieux de mémoire s’explique par plusieurs facteurs :

  • • une sensibilité écologique plus forte 
  • • le manque de place dans les cimetières urbains 
  • • une recherche de lieux plus apaisants et symboliques 
  • • la progression de la crémation en France 

Plusieurs projets de forêts cinéraires sont aujourd’hui à l’étude dans différentes régions françaises. Certaines communes envisagent même de transformer des extensions de cimetières en espaces paysagers ou boisés.

Sans révolution brutale, la France semble s’orienter vers un modèle hybride : entre cimetière traditionnel, jardin du souvenir et forêt mémorielle.

Voici les sites déjà existants ou reconnus comme références :

  • Arbas (Haute-Garonne) – première forêt cinéraire française 
  • Niort – cimetière naturel de Souché (Deux-Sèvres) – cimetière écologique paysager 
  • Toulouse (projet d’extension intégrant une zone forestière cinéraire) 
  • Plusieurs communes rurales testent des espaces “naturels” intégrés aux cimetières existants 

Pays-Bas : cimetières forestiers intégrés aux réserves naturelles

Allemagne : forêts cinéraires très répandues