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Peut-on anticiper le renouvellement d’une concession funéraire ?

En matière funéraire, les concessions accordées dans les cimetières communaux ont une durée limitée : 15 ans, 30 ans, 50 ans ou parfois perpétuelle. Beaucoup de familles se demandent alors s’il est possible de renouveler une concession avant son échéance, notamment lorsqu’une nouvelle inhumation doit avoir lieu ou lorsque la date de fin approche. En droit funéraire français, le terme exact utilisé pour désigner ce « renouvellement anticipé » est en réalité la conversion de concession. Ce mécanisme, prévu par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), permet dans certains cas d’allonger la durée d’une concession avant son expiration.

Dans le langage courant, on parle souvent de « renouvellement anticipé » lorsqu’une famille souhaite prolonger une concession avant son échéance.

Pourtant, juridiquement, le renouvellement et la conversion sont deux opérations différentes :

  • • le renouvellement intervient lorsque la concession arrive à expiration ;
  • • la conversion intervient pendant la durée de validité de la concession.

Le droit français précise d’ailleurs qu’« il n’est pas possible d’effectuer un renouvellement anticipé ». 

En revanche, une concession peut être convertie en une concession de plus longue durée. C’est cette opération qui constitue, en pratique, la véritable forme de prolongation anticipée.

La conversion de concession consiste à remplacer une concession en cours par une concession d’une durée plus longue.

Par exemple :

  • • une concession de 15 ans peut être convertie en concession de 30 ans ;
  • • une concession trentenaire peut être convertie en concession cinquantenaire.

La nouvelle durée repart alors à compter de la date de conversion, selon les règles fixées par la commune. 

Le Code général des collectivités territoriales prévoit expressément cette possibilité à l’article L. 2223-16. La conversion est considérée comme une nouvelle concession accordée en remplacement de l’ancienne.

Dans la pratique, la conversion est souvent demandée lorsqu’une nouvelle inhumation doit être réalisée dans une concession proche de son expiration.

Cette situation pose un problème concret : la réglementation funéraire interdit généralement la reprise d’une sépulture dans les cinq années suivant une inhumation récente.

Ainsi, lorsqu’une concession arrive bientôt à échéance, certaines mairies refusent d’autoriser une nouvelle inhumation sans prolongation préalable de la durée de concession. 

La conversion permet alors :

• de sécuriser juridiquement la situation familiale.

• d’assurer une durée suffisante après l’inhumation ;

• d’éviter une expiration trop rapide de la concession ;

La conversion donne lieu au paiement d’une nouvelle redevance funéraire.

Toutefois, la famille ne paie pas intégralement une nouvelle concession :
la valeur du temps restant sur l’ancienne concession doit être déduite du nouveau tarif. 

Autrement dit, la commune tient compte :

• de la durée initiale,

• du temps restant avant l’échéance,

• et du tarif actuel de la nouvelle concession.

Prenons un exemple simple pour mieux comprendre.

• Une famille possède une concession de 15 ans achetée 300 € ;

  • • Il reste encore 5 ans avant son expiration.

La commune propose désormais une concession de 30 ans au tarif de 900 €.

La mairie peut alors calculer la conversion en déduisant la valeur des 5 années restantes de l’ancienne concession.

Le montant à payer par la famille correspond un tarif ajusté tenant compte de la durée déjà acquise.
Somme correspondant aux 5 années restant à courir : (300 x 5) / 15 = 100 €
Le prix de la conversion devient : 900 – 100 = 800 €

Les modalités exactes varient selon les communes et les règles votées par le conseil municipal.

En principe, la conversion sert à allonger la durée d’une concession.

Cependant, certaines réponses ministérielles et analyses juridiques ont admis que le concessionnaire fondateur pouvait parfois demander une durée plus courte, notamment lorsque la commune ne commercialise plus la durée initiale. 

Cette situation reste toutefois exceptionnelle.

Lorsque le concessionnaire est décédé, les héritiers ne peuvent généralement pas réduire eux-mêmes la durée de la concession avant son échéance.

En matière funéraire, le règlement communal du cimetière joue un rôle essentiel.

Il peut préciser :

  • • les durées disponibles,
  • • les modalités de conversion,
  • • les conditions tarifaires,
  • • les situations dans lesquelles une conversion est exigée avant une inhumation.

Certaines communes appliquent des règles très souples, tandis que d’autres encadrent strictement ces demandes. 

Il est donc indispensable de se renseigner directement auprès du service des cimetières de la mairie concernée.

L’univers des cimetières et des concessions n’est pas simple à comprendre ni à transmettre. La plateforme Stèlère a été créée afin de vous faciliter la gestion de votre concession funéraire, de vous alerter des dates importantes la concernant, et de vous permettre de partager ces informations précieuses avec votre famille.